"Jacques Mesrine enchaîne cambriolages, braquages, enlèvement, et évasions... Il devient "Ennemi public n°1" dans les années 70. Il est arrêté en 1973. Emprisonné dans les quartiers de haute sécurité (QHS) de la Santé et de Fleury-Mérogis, il rédige son autobiographie - L'Instinct de mort - dans laquelle, avant même d'être jugé, il assume l'ensemble de sa "carrière". Le 8 mai 1978, Mesrine s'évade du QHS de la prison de la Santé en compagnie de François Besse - une évasion spectaculaire... Il entame une cavale ponctuée de braquages. L'un de ses objectifs est aussi, par ses actions, de lutter pour la suppression des QHS. Le 2 novembre 1979, Mesrine, "le Grand" comme l'ont surnommé les membres de la brigade de recherche et d'intervention (BRI), est tué par l'antigang, au volant de sa BMW, porte de Clignancourt à Paris. Depuis cette mort, Jacques Mesrine est considéré comme une légende dans notre pays, et une idole chez les jeunes..."
A la Santé, Mesrine rédige ses mémoires de truand, ennemi public numéro un en France et au Canada. Enfance à l'éducation scolaire chaotique, la rue et le Milieu, les putes, les copains puis la guerre d'Algérie où il revient décoré. Certaines scènes sont choquantes, à la limite du supportable : notamment l'assassinat d'Ahmed la salope, proxénète tué à la dague italienne et enterré aussitôt après. Premiers cambriolages, naissance d'une fille avec Solédad rencontrée en Espagne. Règlement de compte sanglant à Milan en compagnie de Guido et retour à Gênes. Mesrine prend de l'assurance et de l'ampleur. Il devient un être violent et ne s'en cache pas. Il connaît les règles du jeu depuis le début et aborde son "métier" avec sincérité et froideur. Malgré son union avec Solédad et la naissance de Sabrina, il continue les coups avec ses copains, attaque un comptable et se fait arrêter avant de braquer un Crédit Populaire. Direction la prison d'Évreux, puis Fresnes et Orléans pour une peine de six mois. En sortant de taule il tente de se réinsérer en exerçant un emploi de maquettiste, par amour de sa fille et de sa femme. Seize mois après il est licencié et se retrouve au chômage, malgré une réhabilitation réussie. C'est sans doute à cet instant que Mesrine s'écartera à jamais du droit chemin.
Guido le met sur un gros coup : simuler un cambriolage dans la villa du gouverneur militaire de l'île de palma de Mallorca en Espagne pour y trouver un carnet et obtenir des informations. Il se fait attraper et Mesrine est pris pour un agent secret ! Son couple bat de l'aile avec Solédad, il la quitte sans prévenir et ouvre une auberge avec Janou, une femme rencontrée dans un bar. Après des ennuis avec une bande locale, Mesrine repart avec Janou malgré des affaires florissantes avec son auberge. Etant recherchés par la police, ils décident de s'envoler vers le Canada. Ses futures actions criminelles lui vaudront le titre peu enviable "d'ennemi public numéro un", un milliardaire sera enlevé, accusation et acquittement d'un meurtre, évasion d'un pénitencier, évasions multiples, braquages de banques, fusillades, attaque d'un pénitencier fédéral, meurtres de gardes nationaux... le séjour canadien sera mouvementé ! Pour anecdote, Mesrine assistera au lancement du premier homme sur la Lune le 16 juillet 1969 à Cap Kennedy... avant d'être incarcéré le soir même à la prison de Texarcana !
Mesrine jette sa vérité à la face de la société. C'est d'une autre époque mais le problème de l'incarcération en France est toujours d'actualité ! On ressent la haine de Mesrine envers les flics, les QHS, les détentions castratrices de liberté, les conditions inhumaines pour casser du détenu... c'est un livre violent où Mesrine juge son "métier" avec sincérité et franchise. Ce qui m'a beaucoup surpris sur ce personnage notoire fut son talent d'écriture. Sa prose est vive, nuancée et agréable à lire. Les tensions alternent avec des moments d'émotion par un vocabulaire simple et précis. Un livre qui ne laisse pas indifférent.